Article | Tariq Ramadan & Entraide Pénale
April 7, 2026
Affaire Tariq Ramadan : l'entraide pénale internationale décryptée — FARLEGAL

Condamné en France, libre en Suisse : les mécanismes de l'entraide pénale internationale décryptés

À l'occasion de la condamnation par défaut de Tariq Ramadan par la justice française, Le Matin Dimanche m'a sollicitée en qualité d'experte en entraide internationale en matière pénale pour analyser les instruments juridiques applicables.


Paru dans  Le Matin Dimanche  — 5 avril 2026 — Catherine Cochard

Le 25 mars 2026, le théologien suisse Tariq Ramadan a été condamné par défaut à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris pour des viols commis sur trois femmes. L'intéressé, qui réside à Genève, n'a assisté à aucune étape de la procédure française. Cette situation — un ressortissant suisse condamné à une lourde peine à l'étranger tout en demeurant libre sur le territoire helvétique — soulève des questions fondamentales d'entraide pénale internationale.

La journaliste Catherine Cochard( Le Matin Dimanche / 24 heures / Tribune de Genève ) m'a sollicitée pour décrypter les mécanismes juridiques en jeu. L'article, publié ce dimanche 5 avril 2026, fait le point sur les règles applicables et les scénarios envisageables.

Le principe : la Suisse n'extrade pas ses ressortissants

Le droit suisse pose une règle cardinale, inscrite dans la loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP) : la Confédération ne livre pas ses propres ressortissants à une juridiction étrangère, sauf consentement écrit de l'intéressé. C'est cette protection, exceptionnellement forte dans le paysage juridique international, qui explique la situation actuelle.

« La Suisse octroie une protection très forte à ses ressortissants poursuivis ou condamnés à l'étranger. » Shayan Farhad — Le Matin Dimanche, 5 avril 2026

Ce principe n'emporte toutefois pas une impunité de fait. La Confédération refuse que l'un de ses citoyens échappe à sa sphère d'influence ; elle refuse tout autant qu'il soit soustrait à toute forme de responsabilité pénale. C'est pourquoi le droit suisse prévoit des mécanismes alternatifs à l'extradition.

Deux voies alternatives : délégation et exequatur

À défaut d'extradition, deux instruments principaux peuvent être activés.

Le premier est la délégation de la poursuite pénale. La France pourrait demander à la Suisse de poursuivre elle-même les faits commis sur son territoire. J'ai cependant relevé dans l'article qu'une telle demande, dans un cas où les faits ont déjà été intégralement jugés en France, semble peu probable.

Le second est l' exequatur  : l'exécution de la peine étrangère dans une prison suisse. Ce mécanisme se heurte toutefois à un obstacle procédural majeur : le défaut en matière criminelle française — c'est-à-dire l'absence de l'accusé à son procès — peut empêcher que la décision soit considérée comme définitive au sens du droit de l'entraide internationale.

La question de la peine applicable en Suisse

L'article aborde également les conséquences concrètes d'une éventuelle exécution sur sol suisse. J'ai précisé que la peine ne pourrait excéder le maximum prévu par le droit fédéral suisse pour des infractions équivalentes — et que, dans le cadre juridique actuel, la condamnation française de 18 ans serait ajustée en conséquence, non par faveur, mais par cohérence avec le droit suisse applicable. J'ai également noté que l'incarcération serait alors aux frais du contribuable suisse.

Un cas d'école en entraide pénale internationale

Cette affaire illustre avec une clarté particulière les tensions inhérentes à la coopération pénale internationale : la souveraineté étatique, la protection des droits fondamentaux des ressortissants, et l'exigence de ne pas créer de « refuges d'impunité ». Elle met en lumière des mécanismes juridiques complexes — EIMP, exequatur, délégation de poursuite, retrait de nationalité — qui se trouvent rarement réunis dans un même dossier avec une telle intensité médiatique.

Lire l'article intégral

L'article complet de Catherine Cochard, « Pourquoi Tariq Ramadan, condamné en France, reste libre en Suisse », est paru dans Le Matin Dimanche le 5 avril 2026 (également diffusé via 24 heures et la Tribune de Genève ). ; https://www.tdg.ch/ramadan-pourquoi-la-suisse-ne-lextrade-pas-vers-la-france-618010451417


SF

Shayan Farhad

Avocate au Barreau de Genève · Solicitor of England & Wales
Fondatrice de FARLEGAL — Droit pénal, entraide internationale, arbitrage

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By Shayan Farhad • September 7, 2026
Global Arbitration Review (GAR) recently reported on two decisions by the Swiss Federal Supreme Court concerning a US$211 billion investment treaty claim against the Commonwealth of Australia . Shayan Farhad acted as legal counsel to the claimant, Singapore-registered holding company Zeph Investments Pte. Ltd. , in the Swiss set-aside and revision proceedings. The Scale of the Dispute Unprecedented Claims: The underlying UNCITRAL arbitration involved a claim valued at US$211 billion (A$300 billion) brought under the ASEAN-Australia-New Zealand Free Trade Agreement (AANZFTA) regarding the Balmoral South iron ore project in Western Australia. Interrelated Multi-Billion Dollar Arbitrations: The challenge forms part of a broader series of four treaty claims seeking over US$290 billion in total damages relating to major energy and mining developments. Prominent Arbitral Tribunal: The underlying Geneva-seated award was issued by a tribunal chaired by Swiss arbitrator Gabrielle Kaufmann-Kohler, together with William Kirtley and Donald McRae. Key Issues Before the Swiss Supreme Court Representing Zeph Investments before Switzerland's highest judicial authority, Shayan Farhad advanced arguments addressing complex questions of public international law and Swiss arbitration civil procedure: Interpretation of Investment Treaties: The Court reviewed the tribunal's interpretation of "covered investment" and "contribution" requirements under the AANZFTA, specifically regarding share swaps, corporate restructurings, and management actions. Procedural Safeguards & Review: The applications raised critical questions concerning arbitrator time commitment, independence and impartiality standards, and procedural rights under Swiss arbitration law. While the Swiss Federal Supreme Court ultimately dismissed the set-aside and revision applications and upheld the jurisdictional award, the litigation represents one of the largest and most complex investment treaty disputes ever brought before the Swiss courts. Demonstrating High-Stakes Cross-Border Expertise Handling challenges of this magnitude before the highest judicial authority in Switzerland highlights Shayan Farhad and FARLEGAL's core mission: providing boutique, high-caliber legal representation in complex, ultra-high-stakes international disputes. The full articles can be accessed on the Global Arbitration Review (GAR) platform: Mining magnate fails to revive mega-claim against Australia More light on mining investor’s failure to revive mega-claim - Global Arbitration Review
December 3, 2025
Avocate pénaliste à Genève - Acquittement dans une affaire de fausses accusations d'infractions sexuelles Une victoire judiciaire contre une condamnation précipitée du Ministère public genevois Dans une affaire récente, j’ai obtenu l’acquittement complet d’un client faussement accusé d’infractions d’ordre sexuel à Genève. Une victoire judiciaire, certes. Mais surtout, un exemple flagrant de dérive procédurale, et de ce qui arrive lorsque les procureurs condamnent sans instruire, violant les droits fondamentaux des justiciables. Ordonnance pénale à Genève: une condamnation sans instruction Mon client avait été condamné par ordonnance pénale rendue par le Ministère public genevois. Aucun interrogatoire par un procureur. Aucun débat contradictoire. La décision reposait uniquement sur les procès-verbaux de la police — qui, ironie du sort, concluait qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments pour retenir une infraction pénale. Cette manière de procéder viole directement la maxime d’instruction prévue à l’article 6 du Code de procédure pénale suisse (CPP), qui impose aux autorités pénales de rechercher la vérité à charge et à décharge. Le parquet genevois n’a pas respecté cette mission. Le résultat: une condamnation hâtive, en contradiction avec les principes fondamentaux du droit pénal suisse. C’est à ce moment-là que mon client m’a confié sa défense. Opposition à l’ordonnance pénale – première étape pour rétablir un procès équitable à Genève Nous avons immédiatement formé opposition à cette ordonnance pénale, comme le prévoit la loi. Ce recours a permis ce que mon client n’avait jamais eu: un véritable procès pénal, public et contradictoire, devant le Tribunal de police à Genève. Lors de l’audience, j’ai mis en lumière: Les contradictions manifestes dans les déclarations de la plaignante. Une instruction lacunaire et partiale menée par le Ministère public genevois. Au terme du procès, le Tribunal a prononcé l’acquittement, et a condamné l’État de Genève à indemniser mon client. Pourquoi cette affaire intéresse toute personne confrontée à une procédure pénale à Genève Ce dossier n’est pas un cas isolé. À Genève, les ordonnances pénales du Ministère public dans les dossiers d'infractions sexuelles - en particulier dans les cas de " parole contre parole " - tombent souvent sans réelle instruction, en violation des droits de la défense. C’est une mécanique bureaucratique où la présomption d’innocence est souvent la première victime. Ces pratiques mettent en péril les fondements mêmes de notre système. Heureusement, la procédure d’opposition permet de stopper ces décisions arbitraires – à condition d’avoir une défense rigoureuse, stratégique et combative. Confiez à notre cabinet d'avocat à Genève votre défense en matière pénale Si vous, ou un proche, êtes accusé à tort, ou si vous faites l'objet d'une ordonnance pénale du Ministère public, contactez immédiatement une avocate spécialisée en droit pénal à Genève. Vous aurez besoin : d’un regard stratégique, d’une défense rigoureuse et combative, d’une avocate capable de confronter le Ministère public sur le terrain du droit, et surtout, de remettre la vérité au cœur de la procédure. C’est ce que j’ai fait pour ce client. C’est ce que je fais pour chacun de mes clients. Et c’est ce que je ferai pour vous. --- Shayan Farhad , Avocate au Barreau de Genève et Solicitor des Cours supérieures de l'Angleterre et du Pays de Galles